Protéger nos lacsProtecting our lakes

Votre paddleboard peut tuer un lacYour paddleboard can kill a lake

Regardez la photo de cet article : mon paddleboard, posé dans l'herbe au bord du lac, un après-midi d'automne. Pendant des années, mon rituel c'était : sortir la planche de l'eau, la balancer dans la voiture encore ruisselante, et filer vers le lac suivant le week-end d'après. Ça me semblait inoffensif — c'est juste une planche, non ? Puis j'ai appris ce qui voyageait avec moi, accroché à la texture antidérapante, coincé dans le boîtier de l'aileron, logé dans le manche de la pagaie. Et j'ai changé mon rituel pour toujours.

Look at this article's photo: my paddleboard, lying in the grass by the lake on a fall afternoon. For years, my ritual was: pull the board out of the water, toss it in the car still dripping, and head to the next lake the following weekend. It felt harmless — it's just a board, right? Then I learned what was travelling with me, clinging to the deck pad's texture, wedged in the fin box, lodged in the paddle shaft. And I changed my ritual for good.

Ce qui voyage avec vous (sans votre permission)What travels with you (without permission)

Trois noms à connaître au Québec. Le myriophylle à épis : une plante aquatique dont un fragment gros comme un ongle suffit à fonder une nouvelle colonie. Une fois installé, il forme des herbiers si denses qu'on ne peut plus nager, pêcher, ni même passer en bateau. La moule zébrée : elle colonise tout ce qui est dur — coques, quais, rochers — et se propage dans le sud du Québec. Le cladocère épineux : un minuscule prédateur qui dérègle toute la chaîne alimentaire. Le point commun ? Ils voyagent sur les embarcations — y compris les planches à pagaie. Votre paddleboard n'est pas « trop petit pour compter ». Pour le myriophylle, un ongle suffit.

Three names to know in Québec. Eurasian watermilfoil: an aquatic plant of which a fingernail-sized fragment is enough to start a new colony. Once established, it forms weed beds so dense you can't swim, fish, or even boat through. Zebra mussels: they colonize anything hard — hulls, docks, rocks — and are spreading across southern Québec. The spiny waterflea: a tiny predator that disrupts the entire food chain. The common thread? They hitchhike on watercraft — including paddleboards. Your paddleboard is not "too small to matter." For milfoil, a fingernail is enough.

Le rituel : inspecter, vider, nettoyer, sécherThe ritual: inspect, drain, clean, dry

C'est le protocole officiel au Québec — quatre étapes, dans l'ordre, à chaque fois que vous changez de plan d'eau. 1) Inspecter. Avant de quitter le lac, examinez la planche : retirez les végétaux, la boue, tout organisme visible. Les cachettes préférées : la texture du tapis antidérapant, le boîtier de l'aileron, la laisse, les jointures de la pagaie démontable. 2) Vider. Videz toute l'eau — y compris celle du manche de la pagaie — sur la terre ferme, loin du lac et des égouts pluviaux. 3) Nettoyer. Rincez et frottez la planche et l'équipement. Si le lac dispose d'une station de lavage, utilisez-la : c'est pour ça qu'elle existe. Jamais de détergent au bord de l'eau, et jamais d'eau de lavage qui retourne au lac. 4) Sécher. Laissez sécher complètement — au moins cinq jours selon les recommandations québécoises — avant de mettre à l'eau ailleurs. Cinq minutes de rituel contre des années d'invasion : le calcul est vite fait.

This is the official protocol in Québec — four steps, in order, every time you change water bodies. 1) Inspect. Before leaving the lake, check the board: remove plants, mud, any visible organisms. Favourite hiding spots: the deck pad's texture, the fin box, the leash, the joints of a take-apart paddle. 2) Drain. Empty all water — including from the paddle shaft — on dry land, away from the lake and storm drains. 3) Clean. Rinse and scrub the board and gear. If the lake has a wash station, use it: that's what it's for. Never detergent at the water's edge, and never wash water running back into the lake. 4) Dry. Let everything dry completely — at least five days per Québec guidance — before launching elsewhere. Five minutes of ritual against years of invasion: the math is easy.

Au Québec, c'est parfois la loiIn Québec, it's sometimes the law

Voici ce que la plupart des pagayeurs ignorent : de nombreuses municipalités québécoises ont adopté des règlements qui rendent le lavage obligatoire avant chaque mise à l'eau — et ça s'applique aux embarcations non motorisées aussi, paddleboards inclus. Concrètement : lavage à la station reconnue (jet à haute pression, sans détergent), certificat de lavage en poche, et amendes en cas de manquement. Les résidents dont l'embarcation reste sur le même lac toute la saison sont généralement exemptés — mais dès que vous changez de plan d'eau, le lavage redevient obligatoire. Mon conseil : regardez les panneaux à la mise à l'eau. S'il y a une station de lavage, ce n'est pas une suggestion.

Here's what most paddlers don't know: many Québec municipalities have bylaws making washing mandatory before every launch — and they apply to non-motorized watercraft too, paddleboards included. In practice: wash at the recognized station (high-pressure spray, no detergent), washing certificate in hand, and fines for violations. Residents whose craft stays on the same lake all season are generally exempt — but the moment you switch lakes, washing becomes mandatory again. My advice: read the signs at the boat launch. If there's a wash station, it's not a suggestion.

Les erreurs que je vois partoutThe mistakes I see everywhere

La planche encore mouillée balancée dans la voiture direction le lac suivant, le jour même — classique. Rincer sa planche dans le nouveau lac, ce qui revient à laver le problème directement à destination — douloureux à voir. Le détergent au bord de l'eau « pour bien nettoyer » — le remède pire que le mal, et interdit près des plans d'eau. Et ma préférée : « c'est juste un paddle, ça ne compte pas ». Si vous avez retenu une seule chose de cet article : un fragment gros comme un ongle, ça compte. Tout compte.

The still-wet board tossed in the car toward the next lake, the same day — classic. Rinsing your board in the new lake, which amounts to washing the problem directly at its destination — painful to watch. Detergent at the water's edge "to clean it properly" — the cure worse than the disease, and prohibited near water bodies. And my favourite: "it's just a paddleboard, it doesn't count." If you take one thing from this article: a fingernail-sized fragment counts. Everything counts.

Pourquoi j'en parle sur un blogue de chaletsWhy I'm writing this on a chalet blog

Parce que les lacs sont le produit. Mes chalets se louent pour leurs lacs — les matins brumeux, les baignades de l'après-midi, le silence du soir. Un lac envahi de myriophylle, on ne s'y baigne plus, on n'y pêche plus, et les voyageurs ne reviennent plus. Protéger le lac, c'est protéger le séjour — le vôtre comme celui de vos voyageurs. Alors la prochaine fois que vous chargez votre paddleboard pour découvrir un nouveau lac, offrez-lui cinq minutes : inspecter, vider, nettoyer, sécher. Le lac vous remerciera. Et vos petits-enfants aussi.

Because the lakes are the product. My chalets rent for their lakes — the misty mornings, the afternoon swims, the evening silence. A milfoil-choked lake means no more swimming, no more fishing, and guests who don't come back. Protecting the lake means protecting the stay — yours and your guests'. So next time you load your paddleboard to discover a new lake, give it five minutes: inspect, drain, clean, dry. The lake will thank you. And so will your grandchildren.